En 2018, partez chaque mois, à la découverte du patrimoine toulousain des sciences et techniques avec les Archives municipales, l’Atelier du patrimoine et l’Office de tourisme. Ce mois-ci, la briqueterie Galinié : l’industrialisation d’une technique traditionnelle.

Photo : L’Industrie, bas relief d’Alexandre Falguière. Phot. Friquart, Louise-Emmanuelle, (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire général Région Occitanie, 2010.

Une vitrine du savoir-faire de l’industriel

À la fin du XIXe siècle, la maison de maître de la briqueterie Galinié à Lalande, vitrine du savoir-faire de l’entrepreneur, est décorée d’un bas-relief en en terre cuite. Il est l’œuvre du sculpteur Alexandre Falguière, l’un des « Toulousains de Paris » comme on appelait alors les artistes installés dans la capitale. On y voit l’Industrie montrant à un jeune garçon l’avenir radieux qui attend l’Humanité grâce aux progrès des sciences et des techniques. L’usine qui symbolise cet avenir, avec sa cheminée crachant un panache de fumée, rappelle la briqueterie de Bertrand Galinié, alors en plein essor. Elle se composait à cette époque d’une maison de maître, de logements ouvriers, de hangars, d’ateliers et de deux fours à briques. C’est cette entreprise qui fournit la brique de l’hôpital Marchant ou du pont de la Colombette par exemple, mais on la retrouve aussi à  Agen, Tarbes ou dans les Pyrénées-Orientales.

Une technique traditionnelle…

Eau, terre, feu, voici les éléments nécessaires à la fabrication de la brique. Dans un pays dépourvu de pierre comme la région toulousaine, le matériau de construction privilégié, outre le bois, est la brique. Une importante manutention est nécessaire pour produire de belles briques. L’argile est d’abord extraite pendant l’hiver, puis mise à « pourrir » à l’air libre. Aux beaux jours, elle est mélangée à l’eau dans une fosse puis malaxée et pétrie aux pieds, formant une pâte laissée au repos une journée. Elle est ensuite moulée manuellement dans un cadre en fer ou en bois puis séchée, à l’air libre ou dans de grands hangars. Les briques sont alors prêtes à être cuites. Depuis des siècles on utilise des fours droits à cuisson intermittente, se composant d’une chambre de cuisson cubique de deux mètres de côté, surmontée d’un auvent qui protège le four des intempéries. La cuisson dure trois à quatre semaines.

Lettre à en-tête de la Briqueterie Galinié, 29 décembre 1896 (détail). Archives des Canaux du Midi, CF 512

… qui s’industrialise peu à peu

Les premières mécanisations interviennent au début du XIXe siècle à Toulouse, notamment avec la fabrique Virebent à Launaguet, qui fournit dès 1833 une brique taillée et profilée. C’est avec ces concepts novateurs d’amélioration de la qualité et du rendement que Bertrand Galinié créé sa briqueterie en 1856.
Il installe son usine à proximité de l’écluse de Lalande, au bord du canal latéral qui vient d’être creusé, dans lequel il prélève directement sa matière première : les limons argileux déposés dans son lit. La force motrice de la voie d’eau, relayée si besoin par une machine à vapeur, lui permet d’entraîner une machine à tailler les briques de son invention, réduisant là encore une grand partie de la main d’œuvre. La briqueterie, à laquelle Galinié a adjoint une fabrique de glace qui a laissé son nom à l’impasse, fonctionne jusqu’à la veille de la Première guerre mondiale.

 Maison de maître. Phot. Bonhôte, Jérôme, (c) Inventaire général Région Occitanie, 2010

 

 

Pour en savoir plus

 

2018-03-01T18:28:01+00:00 1 mars 2018|Coulisses|